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ZONE À TRAFIC LIMITÉ (ZTL) : LA RECETTE ITALIENNE
Découvrez pourquoi la plupart des villes italiennes ont adopté la ZTL !
27 Août 2021

Reconquérir les centres-villes congestionnés par le trafic automobile est une démarche engagée depuis une trentaine d’années en Italie. Avec les ZTL, c’est le retour de la dolce vita !

 

Florence, Rome, mais aussi Gênes, Pavie, Bologne, Milan, Turin… la plupart des villes italiennes, quelle que soit leur taille, possèdent leur “Zona a Traffico Limitato” (Zone à trafic limité). On en compte au total 228 à travers tout le pays, contre seulement 2 en France (à Nantes et Grenoble).

 

Mis en place à partir des années 1980 pour réguler la circulation et donner la priorité aux piétons au cœur des villes, ce dispositif précurseur avait pour objectif, à l’origine, de préserver le patrimoine historique. Une exception en Europe

C’est quoi exactement, une « ZTL » ?

Les zones à trafic limité permettent de restreindre la circulation automobile dans un périmètre bien défini, en autorisant la circulation de certaines catégories d’usagers. Ce secteur, principalement situé en centre-ville, est signalé selon les villes par des panneaux ou des marquages au sol. L’accès peut  être fermé par des barrières ou des bornes ou contrôlé par des caméras de surveillance équipées du système de lecture automatique des plaques d’immatriculation (LAPI) Ou par des agents de la police municipale qui vérifient également les véhicules identifiés par des macarons.

Pour circuler, il faut y être autorisé

Dans cette zone spécifique, les véhicules à moteur sont généralement interdits. Des autorisations peuvent être octroyées à certaines usagers, par exemple :

 

  • les riverains
  • les commerçants
  • les livreurs
  • les véhicules d’urgence
  • les services municipaux
  • les transports en commun
  • parfois aussi les taxis, les véhicules électriques.

Une ZTL n’est pas forcément permanente : elle peut entrer en vigueur sur certains horaires, certains jours de la semaine et s’appliquer sur certaines périodes de l’année. C’est le cas à Milan ou bien Rome qui compte 6 ZTL distinctes avec des « régimes » différents et des restrictions de circulation de jour comme de nuit. La limitation de vitesse peut y être inférieure à 50 km/h.

ZTL, zone piétonne et de rencontre, ZFE, péage urbain… on fait le point !

Il ne faut pas confondre les Zones à Trafic Limité avec :

 

  • Les zones piétonnes : ces secteurs dépourvus de trottoirs et réservés de façon permanente aux piétons, sont interdits aux véhicules, sauf dérogation. Les cyclistes y sont généralement admis mais doivent rouler au pas…
  • Les zones de rencontre : tous les usagers de la route s’y côtoient, avec priorité de circulation donnée aux piétons et une vitesse abaissée à 20 km/h.
  • Les zones à faibles émissions (ZFE) : ce sont des zones interdites aux véhicules qui émettent le plus fort taux de pollution atmosphérique (dispositif de vignettes Crit’Air en France).
  • Les péages urbains : traduisant une sorte d’écotaxe, ils donnent l’accès au centre d’une agglomération à tout véhicule qui s’acquitte d’un « droit d’entrée » payant.

L’exemple turinois : des ZTL pour une meilleure qualité de vie

L’un des buts du plan de mobilité de Turin était de diminuer la pollution croissante occasionnée par les véhicules motorisés et améliorer la qualité de vie des habitants. Dans cette agglomération de 910 000 habitants, capitale du Piémont, six ZTL ont été mises en place avec des restrictions d’accès différentes. La ZTL du centre-ville couvre 260 hectares, soit 2,62 km2, et compte 36 accès électroniques. Les différentes ZTL ont permis l’application d’une politique de circulation ciblée avec, par exemple, une circulation limitée du lundi au vendredi, de 7h30 à 10h30 dans la zone touristique du centre-ville.

 

Avec deux stations de métro et deux gares situées à proximité immédiate, des parkings-relais avec des liaisons des transports publics vers le centre, le changement de comportement des usagers a également été facilité pour une meilleure qualité de vie.

Pourquoi pas chez nous ?

La recette commence à prendre en France.  Il n’existe cependant aucune loi spécifique encadrant le dispositif de ZTL ; les collectivités doivent s’appuyer sur les dispositions existantes en matière de police de circulation et de réglementation d’accès.

Mais après Nantes qui a franchi le pas la première en 2012 et Grenoble, la capitale devrait à son tour mettre en place une ZTL en 2022, pour une circulation apaisée dans les 4 premiers arrondissements.

 

Chiffres clés

228 ZTL recensées en Italie en 2019 contre 3 en Espagne, 2 en France, 1 en Belgique et en Autriche (source : rapport ADEME, Les ZTL en Europe-juin 2019)

1989 : date de mise en service de la 1è ZTL italienne (en Espagne : 2008 ; en France, 2012)

100 à 150 franchissements irréguliers par jour dans la ZTL du centre de Turin (263 hectares), soit un taux d’infraction de 4 %

131 000 voitures en circulation par jour dans l’hypercentre de Milan en 2011 contre 88 000 en 2017,

+ 17 % de fréquentation du métro et + 12 % des bus et des tramways,

-18 % de pollution aux particules fines.

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