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A PONTEVEDRA, 15 ANS DE VIE SANS VOITURE !
Partagez l’expérience pionnière des habitants de cette ville espagnole.
20 Août 2021

Se passer totalement de la voiture en ville, c’est possible ! Pontevedra, cité moyenne du nord-ouest de l’Espagne, a tenté l’impensable… et 15 ans plus tard, pas question de revenir en arrière ! Retour sur ce modèle qui a réussi à mettre tout le monde d’accord.

 

Des bouchons monstres, un stationnement anarchique, une pollution pire que dans les plus grandes métropoles… un véritable chaos auquel le maire, ancien médecin, a voulu mettre fin en 1999, à l’occasion de son premier mandat à la tête de Pontevedra. Depuis, les piétons ont repris le pouvoir, et ça marche !

Des règles de circulation révolutionnaires

À la base du projet, il y a d’abord une inversion totale de la hiérarchie. Terminé les voitures qui contraignaient les piétons et les poussettes à zigzaguer sur les trottoirs voire à descendre sur la chaussée. Priorité n°1 : les piétons, n°2 : les vélos, n°3 : les transports en commun, n°4 : les véhicules motorisés. La circulation automobile est interdite au centre-ville sauf motifs indispensables (livraisons, services). Les riverains peuvent décharger leurs courses devant chez eux, mais durant 30 minutes maximum, pas plus. Dans le reste de la ville, on peut rouler, mais on marque le pas : 30 km/h autorisés seulement…

Le nouveau visage du centre-ville

Adapter l’espace urbain s’est avéré essentiel. 35 nouveaux ronds-points pour « casser » la vitesse, plus de feux rouges, la piétonnisation du centre-ville, la suppression des trottoirs… des aménagements urbains réalisés au prix de plusieurs années de travaux à grande échelle. Depuis, les habitants circulent enfin librement, profitent des nombreux espaces végétalisés, des terrasses qui ont pu étendre leur superficie. Ils ont eu le sentiment de se réapproprier leur ville !

L’épineuse question du stationnement

Dans les rues du centre-ville, on ne se gare plus ! Radical, mais efficace quand on sait que 20% du trafic automobile urbain est causé par la quête désespérée d’une place de stationnement. De nouvelles solutions sont apportées aux automobilistes : des parkings souterrains payants et des parkings « de dissuasion » gratuits durant 24 heures (13 000 places disponibles au total), situés aux abords immédiats du centre-ville. Et comme ils ne se trouvent qu’à une dizaine de minutes maximum à pied, le reste du trajet s’effectue… en marchant.

Accompagner le changement

Le maire a fait le pari de la responsabilisation collective : pas de barrière pour interdire aux automobilistes l’accès du centre-ville. Gare toutefois aux contraventions, impitoyables et « salées » (une centaine d’euros). Pour promouvoir la marche à pied et faciliter sa pratique, il a aussi mis à la disposition des passants des « bons plans » : installés partout en ville, les métrominuto, qui ressemblent à des plans de métro, sont des cartes qui indiquent en un coup d’œil le temps nécessaire pour se rendre d’un point à un autre de la ville… à pied bien sûr !

La ville qui marche !

Pour aller au travail, à l’école, faire ses courses, la marche à pied est devenue un moyen de déplacement quotidien, et les habitants se sont peu à peu désintoxiqués de leur dépendance à la voiture. Plus qu’une habitude, marcher est devenu une hygiène de vie. Pontevedra, deux fois moins polluée, sans plus aucun bruit de moteur, où 80% des enfants se rendent désormais à l’école seuls et en toute sécurité, a retrouvé son art de vivre et son esprit convivial. Y compris son attractivité et son dynamisme économique. Après les travaux, les petits commerces de proximité ont vu à leur grande surprise les clients revenir plus nombreux qu’avant.

 

Ces résultats concrets ont convaincu plus d’un sceptique, comme en témoignent les six mandats successifs du maire, Miguel Fernández Lores. Pontevedra, une référence mondiale* qui inspire bien d’autres villes, en Europe et ailleurs !

*Plusieurs prix internationaux ont été décernés à Pontevedra pour sa qualité de vie, son accessibilité et sa politique de mobilité urbaine, dont le prix européen Intermodes en 2013. 
Chiffres clés

83 260 habitants (2020)

50 % de la ville interdite aux voitures

-67 % d’utilisation de la voiture individuelle depuis 1999

-90 % de trafic automobile dans l’hypercentre (2014)

70 % des déplacements effectués à pied 

750 mètres de marche maximum pour avoir accès à un parking

-66 % d’émissions de CO² (contre -15% en France)

12 accidents graves de la circulation en 2015 (contre 129 en 2000)

+10 000 habitants en 15 ans

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